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Les mauvaises données de la police pour la reconnaissance faciale

Les mauvaises données de la police pour la reconnaissance faciale

  • 17/05/2019
  • Antoine Cheron
  • Commentaires fermés sur Les mauvaises données de la police pour la reconnaissance faciale

Technologie : A défaut de disposer de photo complète du visage, la police américaine a eu recours à des sosies de célébrités, à des croquis d’artistes et à des images générées par ordinateur pour procéder à de la reconnaissance faciale.

Partout aux Etats-Unis, la police effectue des recherches de reconnaissance faciale, même lorsqu’elle ne dispose pas de données de qualité pour procéder à des rapprochements.

Une étude du Georgetown Law Center on Privacy and Technology publiée jeudi a examiné comment la police utilise des données erronées pour effectuer des recherches de reconnaissance faciale, malgré des années d’études démontrant l’absence de fiabilité de ces correspondances.

Cela comprend l’utilisation de croquis d’artistes ou portrait-robot, l’édition d’images pour ajouter des yeux et des lèvres et la recherche de sosies.

De mauvaises données mènent à de mauvaises correspondances

« Il n’est pas nécessaire d’être un expert en intelligence artificielle pour comprendre que si vous cherchez le visage d’une autre personne, ce n’est pas un suspect, il y aura des problèmes avec l’exactitude » critique Alvaro Bedoya, le directeur fondateur du Centre de la vie privée et la technologie.

Les défenseurs des droits civils et de la vie privée ont mis en garde contre l’utilisation de la reconnaissance faciale par les organismes gouvernementaux et les forces de l’ordre en raison des limites importantes liées à l’utilisation de cette technologie. Cette semaine, San Francisco est d’ailleurs devenue la première ville à interdire l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police, et d’autres villes cherchent à faire de même.

Des études ont révélé des problèmes d’exactitude et de biais dans la reconnaissance faciale, et les critiques soutiennent que la technologie représente une menace pour la vie privée dans les espaces publics. L’étude publiée jeudi a révélé d’autres problèmes concernant l’utilisation de la reconnaissance faciale par la police.

Lorsque les images prises par les caméras de surveillance sont trop floues ou ne montrent pas assez le visage d’une personne, la police de New York a utilisé des photos de célébrités jugées ressemblantes pour faire des correspondances avec son programme de reconnaissance faciale, selon les chercheurs.

En avril 2017, par exemple, la police de New York a utilisé une photo de l’acteur Woody Harrelson dans sa recherche de reconnaissance faciale pour trouver un suspect et procéder à une arrestation. L’homme était soupçonné d’avoir volé une bière, selon le rapport. Dans un autre cas, elle a utilisé la photo d’un joueur des Knicks de New York pour identifier un homme recherché pour agression à Brooklyn.

Le département de police revendique cependant un usage « responsable » de la technologie de reconnaissance faciale. « Nous comparons les images des scènes de crime pour arrêter les photos des dossiers des forces de l’ordre. Nous n’effectuons pas de collecte massive ou aléatoire d’enregistrements faciaux à partir des systèmes de caméras de la police de New York, de l’Internet ou des réseaux sociaux. »

Les dossiers ont montré que la police de New York a procédé à plus de 2 800 arrestations par reconnaissance faciale au cours des cinq premières années et demie de son utilisation. Et en l’absence d’images claires, la police de New York, ainsi que la police d’une quinzaine d’États, ont été autorisées à utiliser des croquis.

Dans le comté de Washington, en Oregon, qui utilise le système Rekognition d’Amazon, une présentation d’une étude de cas a montré que le bureau du shérif utilisait des croquis de la police pour établir des correspondances.

 

 

Crédit article : La rédaction de ZDNet.fr